Znak unesco



L’alliance du livre et de la danse ne va pas de soi, puisque l’art du danseur est dans le mouvement éphémère, et que le livre a pour rôle de fixer les choses.
Leur alliance est plus secrète : le livre assure à l’esprit le rebond, l’invention à partir des mots qu’il semble avoir immobilisés, mais qui dansent littéralement la chorégraphie du sens, tandis que le danseur, s’il est doué, écrit dans l’espace le texte d’un sens inaccessible à la seule intelligence.
Aussi est-ce avec bonheur qu’au nom du Directeur-général, Mr Koïchiro Matsuura, je salue ici la parfaite réussite de cet ouvrage consacré à un grand artiste. Il est vrai que la personnalité hors du commun de M. Miskovic appelait un tel tour de force : danseur d’exception, ne fut-il pas aussi, et notamment dans le contexte de l’UNESCO, en sa qualité de président du Conseil International de la Danse, et à tant d’autres titres, un homme de l’écrit, de la parole, de l’action?
Inspirateur et organisateur de grandes manifestations dont la mémoire reste intacte, M. Miskovic a su montrer combien l’art de la grâce par excellence qu’est la danse parvenait à communiquer un message de paix et de respect de la dignité humaine, qui l’une et l’autre participent de la légèreté à laquelle aspire l’humanité sous le poids des peines dont elle est grevée.
En ce jubilé, je suis heureuse de saluer, à travers une personnalité remarquable, un art qu’il incarne et une cause qu’il s’est toujours attaché à servir, celle de la solidarité intellectuelle et morale de l’humanité.


Françoise Rivière,
La Sous-Directrice générale pour la culture-UNESCO Paris




Préface de la monographie sur Milorad Miskovitch, "Danser la vie", par Mme Françoise Rivière, sous-directrice générale pour la culture de l'Unesco